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[Article] Mon premier emploi

 
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admin
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Inscrit le: 02 Fév 2007
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MessagePosté le: Dim 11 Fév 2007 8:19 pm    Sujet du message: [Article] Mon premier emploi Répondre en citant

Le métallo

À Beauharnois, Union Carbide cherchait des étudiants pour remplacer ses ouvriers pendant les congés à son usine de transformation des métaux. C'est ainsi que j'ai atterri, à 18 ans, dans la fonderie. C'était un sale boulot, dangereux, mais beaucoup mieux payé que tout ce à quoi un jeune étudiant en lettres comme moi aurait pu prétendre.

À l'aide d'un marteau-piqueur, je devais enlever le métal qui avait coulé sur le plancher, près des fournaises. Le métal en fusion se déversait dans de gros chaudrons, qui étaient convoyés et vidés un peu plus loin. Ils passaient juste au-dessus de nos têtes, et il arrivait que le liquide tombe à terre. Je portais un casque, mais pas de masque pour me protéger des fortes émanations. En outre, il faisait une chaleur infernale.

En hiver, on m'avait affecté à la sciure servant à alimenter le feu des fournaises. Entreposée dans d'immenses conteneurs de près de 10 mètres de diamètre, il arrivait qu'elle gèle par grand froid. Je devais donc descendre dans les conteneurs et, armé d'un pic et d'une pelle, en casser la croûte. Je devais faire très attention à ne pas tomber: au fond du conteneur, six mètres plus bas, se trouvait un broyeur. D'une main, j'agrippais l'échelle et de l'autre, je frappais. J'avais une peur bleue.

Les ouvriers se demandaient combien de temps nous, les jeunots, allions tenir. Je suis resté plus de deux ans à la fonderie et, malgré mon 1,71m et mes 72 kilos, j'ai réussi à m'imposer au milieu de ces durs à cuire. Aujourd'hui, le fondeur est devenu fonceur: sous le feu de la fournaise, j'ai appris à ne pas avoir froid aux yeux. J'ai aussi appris à respecter les ouvriers: jamais je ne mépriserai la classe ouvrière.

Mario Labbé est le président fondateur d'Analekta, première maison indépendante de production de musique classique au Canada.




Le mitron

J'avais 12 ans quand je suis entré à la boulangerie de Saint-Donat, la ville où j'ai grandi. J'ai occupé cet emploi cinq étés. Comme j'étais l'aîné de cinq garçons, mes parents appréciaient que je me fasse un peu d'argent de poche.

Mes tâches étaient variées. Je recevais les livraisons de bois et de farine. Je servais les clients et j'encaissais les payements sur une vielle caisse enregistreuse à manivelle. Petit à petit, j'ai appris à maîtriser les recettes pour la fabrication du pain, des tartes, des beignes, des petits pains. J'ai appris à mettre les bonnes mesures de levure, de farine et d'eau dans les mélanges , à malaxer les ingrédients, à rouler la pâte. C'était une boulangerie artisanale. Le four n'avait pas de thermostat: on m'avait enseigné à n'enfourner le pain que lorsque les briques rouges commençaient à virer au gris.

Je peux dire que je me suis gavé de beignes! Mais ma grande fierté était de rapporter du pain frais et des tartes à la maison pour le reste de la famille.

À 17 ans, on m'a confié les rênes de la boulangerie. Je travaillais de nuit, sans surveillance. Je devais préparer entre 500 et 600 pains pour les clients de passage et la livraison à domicile, qui se pratiquait encore au milieu des années 60. Une nuit, j'ai raté ma recette. J'ai perdu près de 200 pains, sans compter les cinq heures de cuisson qu'il a fallu reprendre. Je n'ai fait l'erreur qu'une fois.

Ce genre de travail m'imposait une obligation de résultats: si je manquais mon coup, on manquait de pain le matin. J'en ai retenu le sens des responsabilités et de la discipline. J'ai aussi compris que, dans la vie, rien ne vient facilement. Il faut mettre la main à la pâte et s'appliquer pour réussir.

Réal Raymond est président de la Banque Nationale du Canada.




La vendeuse de fleurs

Une amie m'avait recommandée à son patron. J'étais ravie: je pouvais gagner un peu d'argent pendant l'été en vue d'un éventuel voyage. J'avais 16 ans et, originaire de Repentigny, je me faisais toute une joie d'aller vendre des fleurs sur le site de l'Expo 67, à Montréal.

Première déception: je verrais rarement ma copine. Deuxième contrariété: comme j'étais la dernière arrivée, j'avais le dernier choix des fleurs et du secteur de travail. Les meilleures fleurs et les meilleurs emplacements allaient aux anciennes. Même chose pour les horraires: les soirs étaient plus payants, car le site était fréquenté par les couples d'amoureux. Moi, je travaillais le jour, où les familles étaient plus nombreuses et moins tentées d'acheter des fleurs.

Équipée d'un petit chariot, je proposais mes roses et mes oeillets aux passants. Je devais décoder les réactions, le langage corporel. À toutes sortes de signes, je savais si quelqu'un était intéressé ou non. Mais je me fiais surtout au regard. Décrypter ces signes m'évitait d'importuner les gens. Question de respect. Si un passant ne manifestait aucun intérêt, je n'insistais pas. Je me contentais de lui adresser un sourire, qui souvent m'était retourné. J'apprenais aussi à garder mes distances - tant physiques que verbales -, à mieux aborder les gens ou à mettre fin gentiment à une conversation.

Ma famille m'avait enseigné le respect, la réserve et le discernement: j'ai mis ces vertus en pratique. Elles me sont d'un grand secours aujourd'hui, aussi bien dans ma profession que dans ma vie.

Marie Deschamps est, depuis août 2002, juge à la Cour suprême du Canada


SOURCE:
Magasine Sélection Reader's Digest
Janvier 2003
Article Mon premier emploi par Suzanne Danserau et Robert Kiener
Page 17, 18, 19 et 20
www.selectionrd.ca


Dernière édition par admin le Mer 11 Avr 2007 10:54 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 21 Mar 2007 9:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

L'animateur-prof de karaté

À 19 ans, je ne savais pas trop vers quelle carrière m'orienter. Etudiant en sciences humaines au Collège François-Xavier-Garneau de Québec, j'ai décidé de prendre une année sabbatique avant de compléter mon DEC. J'allais gagner ma vie, en attendant de trouver ma voie.

J'avais beaucoup de centres d'intérêt: la musique m'attirait, mais je n'avais pas les qualifications nécessaires pour entrer dans une école de musique. Je ne connaissais pas le solfège et chantais uniquement à l'oreilles. J'avais aussi ma ceinture noire de karaté. De plus, l'été de mes 15 ans, j'avais travaillé comme moniteur de terrains de jeux pour les enfants et je savais que j'avais le tour avec eux. C'est donc avec ce bagage que je me suis mis en quête d'un emploi.

Une garderie de Charlesbourg m'a recruté comme animateur. Je devais m'occuper d'un groupe d'enfants de 6 à 11 ans à leur sortie de l'école. Parallèlement, j'enseignais le karaté le soir. Un local avait été mis à ma disposition, et j'ai pu y ouvrir une école. Puis, en musique, les choses ont commencé à déboucher. Les week-ends, je faisais mes premières armes comme chanteur dans les bars rock du Québec.

Quand je repense à cette période de ma vie, je me souviens qu'elle était un peu angoissante, car je ne savais pas trop où je m'en allais. Courir d'une occupation à l'autre, comme je le faisais, m'a forcé à acquérir de la discipline et le sens des responsabilités. Un matin, il m'est arrivé de me présenter 10 minutes en retard à la garderie. Les parents et les enfants m'attendaient. Je me suis senti tout petit dans mes souliers. J'ai compris que, quand des gens dépendent de vous, vous ne pouvez pas les décevoir.

J'ai conservé mon emploi en garderie pendant trois ans, et l'école de karaté pendant cinq ans, avant de voler de mes propres ailes en musique. Maintenant que ma carrière a pris son essor, j'ai toute une équipe qui dépend de moi. Je me dois d'être à la hauteur.

Bruno Pelletier a été primé trois fois au gala de l'ADISQ. Il a acquis une renommée internationale grâce à son interprétation de Gringoire dans l'opéra rock Notre-Dame de Paris.





L’épicière

Nous vivions à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, un village de 1300 habitants près de Percé. Mon père était copropriétaire d’une usine de transformation du poisson. En l’épousant, ma mère a dû renoncer à son métier d’institutrice. Telle était la règle dans les années 40.

Malgré les enfants à élever, elle souhaitait exercé un emploi et elle a convaincu mon père de la laisser ouvrir une épicerie.

Deuxième de la famille, j’avais environ 14 ans quand elle m’a demandé de lui donner un coup de main les week-ends et les jours de congé.

Au début, je devais disposer la marchandise sur les étagères et noter tout ce qui manquait. Comme j’étais aussi chargée de l’entreposage, je savais exactement combien il restait d’articles en stock et où ils étaient rangés. J’adorais mettre les produits en valeur, ce qui m’a permis de développer mon sens de l’esthétique et de la présentation.

Par la suite, ma mère m’a affectée à la caisse et à la comptabilité. Il fallait que tout balance. Un de mes jeux favoris consistait à calculer mentalement le total des achats avant de faire sonner la caisse : j’étais très fière quand elle et moi arrivions au même montant! Plus tard, je suis devenue responsable des achats auprès des fournisseurs. Prévoir ce qui allait se vendre et évaluer les bonnes quantités, surtout pour les produits périssables, était un vrai défi : je n’avais pas le droit à l’erreur.

Cet emploi, qui a duré trois ans, m’a inculqué le sens de l’organisation et sensibilisé à l’écoute de la clientèle. J’ai compris que, plus on prend des responsabilités dans la vie, plus on devient capable d’en assumer. Chaque défi est une occasion de surmonter la crainte de l’échec et d’aller de l’avant. Cette expérience a été une leçon de vie, une graine qui a été semée et qui m’a menée où je suis maintenant. J’ai toujours aimé relever des défis.

Francine Lelièvre est la fondatrice et la directrice générale de Pointe-à-Callière, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal. En 1993, elle a obtenu le Prix d’Excellence de l’administration publique. Auparavant, elle a fait partie de la première équipe de Parcs Canada au Québec, contribuant à la mise en valeur de nombreux sites historiques.
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